Mushin (l’esprit vide)

Que signifie réellement « l’Esprit sans pensée » ou « l’Esprit vide »
Celui qui essaie de s’endormir en essayant d’arrêter ses mauvaises pensées, continuera d’y penser et restera réveillé !
Cheminement de progression :
L’esprit Mushin c’est agir sans penser.
Pour y parvenir, on ne peut pas simplement se dire : j’arrête de penser, je vide ma tête.
Au dojo du
KC Fribourg on apprend qu’un cheminement en plusieurs étapes est nécessaire.
Se détacher du résultat si on ne l’atteint pas, consiste à éliminer les mauvaises émotions (peurs, colères, frustrations)
-Lorsqu’on pense aux conséquences de ce qu’on est en train de faire, on ne vit pas nos actions. A l’extrême, ça pourri notre vie : -peur de perdre un match, un combat, de rater un examen, énervement contre son adversaire, impatience face à un événement qui n’arrive pas, etc.
-La méthode consiste à reconnaître la mauvaise émotion, à identifier la cause et à la transformer en action. Miyamoto Musashi écrit qu’une émotion est un potentiel d’énergie, la supprimer est impossible ou difficile, mais on arrive facilement à la transformer en action pure.
-Celui qui essaie de s’endormir en cherchant à arrêter ses mauvaises pensées, continuera d’y penser et restera éveillé !
-Penser au combat lui-même, plutôt qu’à ne pas le perdre.
Être présent totalement consiste à avoir l’esprit pleinement attentif à ce que l’on fait.
-Dans une situation où l’intensité émotionnelle est élevée, il est assez facile d’être pleinement à ce que l’on fait.
-L’idée est de prendre l’habitude d’être présent également durant les actes simples de la vie quotidienne : manger, se verser une tasse de thé, boire, marcher, se tenir assis dans le train, pratiquer un kata, faire un randori.
-Cette habitude se cultive en permanence dans tous les actes de la vie, même les plus simples.
-Pour les occidentaux, cela s’apparente, à la pratique de la « la pleine conscience ».
Sensei T. Kase : -Toute pratique de karaté sans que l’esprit soit totalement impliqué ne sert à rien.
Accepter l’impermanence et les changements sur lesquels nous n’exerçons aucune influence.
-Chaque jour, des changements surviennent pour lesquels nous ne pouvons rien. À quoi bon s’en soucier ? À quoi bon en avoir peur ? Plus tôt nous les acceptons, plus vite nous pouvons nous consacrer à ce qui en vaut la peine.
-Une action passée entraîne des conséquences dans le présent, et les actions présentes impactent le futur, mais repenser à ce qu’on aurait dû faire mieux hier ne sert à rien.
-Agir uniquement sur ce qu’on peut changer.
-Lorsqu’il pleut, il est seulement utile de s’habiller en fonction, pas de regretter le soleil.
Agir sans penser consiste à se débarrasser des pensées parasites pour avoir une réaction naturelle, intuitive.
-En supprimant les pensées parasites, l’esprit et le corps peuvent agir librement.
Miyamoto Musashi : -Lors d’un duel, les pensées doivent être dans le combat. Comme chaque seconde peut être fatale, il n’y a donc pas de place pour les pensées inutiles.
Mon entraînement au quotidien :
-Je suis fâché contre quelqu’un. Je me demande pourquoi, et trouve un moyen d’agir pour ne plus l’être.
-Je vis dans le présent à tout moment : je pense qu’à ce que je fais.
-Je ne fais qu’une chose à la fois.
-Si je plante un clou, j’imagine le marteau arriver sur le clou, pas sur mes doigts.
-Durant un examen, je réponds aux questions sans les juger. Après l’examen, à quoi bon y repenser.
-Lorsque je me sers du thé, je vois et je sens ma main, mon bras et mon corps tenir la théière. Je vois l’eau se verser dans ma tasse. J’écoute le bruit de l’eau qui s’écoule. Je sens sa chaleur. Je vois la tasse chauffer. Je sens l’arôme se dégager au fur et à mesure.
-Lorsque je marche en forêt, tous mes sens sont en éveil : je ressens toutes les parties de mon corps. Je regarde où je marche et vois ce qui m’entoure, en haut, sur les côtés. Je sens ma respiration parcourir mon corps. J’écoute le bruit de mes pas sur les différentes surfaces que je traverse. J’entends les oiseaux et les sons derrière moi. Je sens les essences d’arbres.
Ma pratique de l’Art Martial :
-Durant le Mokuso, au début de l’entraînement, je laisse le « bruit » de la vie extérieur en dehors du dojo pour entrer dans la pratique martiale.
-En kihon, ippon kumité, kata, dès que je suis à l’aise avec les techniques et les enchaînements, je les sors de ma tête pour les vivre de l’intérieur.
-En kumité, au début, je cherche à penser aux enchaînements possibles, ainsi qu’aux habitudes et aux faiblesses de l’adversaire. Dès que je me sens en confiance, je reste simplement à l’écoute de l’adversaire pour agir intuitivement. Si je reçois un coup de mon adversaire, je continue sans y penser.
-Lorsqu’on me demande de faire un kata (parmi ceux que je connais), pas besoin de préparation : l’annonce du nom du kata suffisamment intériorisé, avec le cœur et l’âme totalement impliqués, suffit. Pas besoin de me remémorer le schéma, où d’autres détails.
-Si mon esprit est entièrement impliqué, toute l’énergie de mon corps suit mon esprit.
Références : Livre des Cinq Roues – Interprétation martiale (traité de stratégie martiale de Miyamoto Musashi), de Stephen F. Kaufman, Hanshi 10e Dan.