Prendre conscience que le Karaté « commun » n’est pas de la « self-défense ».

Prendre conscience que le Karaté « commun » n’est pas de la « self-défense ».

-Les conditions d’entraînement font qu’il y a un fossé entre le Karaté « commun » et une situation de self-défense : contrôle total, utilisation des protections, environnement et état psychologique (stress).

-Avec une bonne pratique, réduire ce fossé est possible !

Karaté « commun » différent de la Self-Défense.

Que le karaté enseigné soit orienté « compétition kumité », « compétition kata », « Do », ou dit « traditionnel », chaque direction du karaté présente de nombreux bénéfices.

Le seul but de ces quelques lignes est de mettre en évidence les différences entre une situation de self-défense et la pratique quotidienne du karaté en analysant les différents aspects de l’entraînement.


CONTRÔLE TOTAL et PROTECTIONS ANATOMIQUES :
- Toutes les techniques sont toujours contrôlées. Dans les différents exercices avec partenaire(s), chaque coup :

- s’arrête au plus proche du partenaire (contrôle de la distance)

- s’effectue avec un léger contact, mais sans kimé (contrôle de l’impact) sur les cibles du corps non fragiles, ou

sans aucun contact sur les zones sensibles
- Dans la plupart des dojos, dont le KCFribourg, le kumité se pratique avec des protections en mousse aux mains et aux pieds, ainsi qu’avec coquille ou plastron afin de limiter le risque d’accidents.

Deux approches de travail sont possibles :

- la première consiste à réduire la vitesse tant que la maîtrise des coups n’est pas parfaite.

- la seconde opte pour un entraînement effectué à vitesse maximale mais impliquant le port de protections

anatomiques.

Les chocs sur notre corps ne sont pas bons pour la santé et le contrôle de ses coups est bénéfique pour la maîtrise personnelle.

TRAVAIL DE LA FRAPPE :
-Le travail de la frappe fait aussi partie des entraînements de karaté au KCFribourg. Il se pratique sur des cibles (sacs ou pattes d’ours), jamais sur un corps sans protection ni sans contrôle.

Les cibles peuvent se mettre devant n’importe quels endroits du corps afin de tester toutes les attaques possibles.
=> Savoir comment donner un coup pour qu’il porte est important.

=> Le corps ne supporte pas de recevoir des chocs portés avec force, encore moins sur des zones fragiles. Pour prendre conscience de l’impact d’une frappe, il est possible de recevoir des coups à mains nues au niveau de l’abdomen ou aux jambes uniquement, mais exécutés sans vitesse ou sans force.

KUMITÉ EN COMPÉTITION :
- Le but du Kumité de compétition est de réaliser des « touches » avec des protections en mousse dans le but de marquer un point. Le contrôle (distance et impact) de la frappe fait partie intégrante du système de comptabilisation des points et permet de conserver le risque de blessure à un niveau acceptable. Un manque de contrôle (qui plus est une volonté de blesser) entraîne une sanction de son auteur. Dès qu’un assaut se termine, le combat s’arrête pour attribuer un point, un avantage ou une pénalité.
=> L’accent est mis sur la gestion du timing, l’explosivité, les réflexes et l’art de tromper et surprendre l’adversaire.

KATA EN COMPÉTITION :
- L’accent est mis sur l’aspect technique (maîtrise, précision, puissance, rythme et kime), tout d’abord sans adversaire. Les bunkais présentés résultent d’une recherche d’applications possibles des techniques du kata dans une situation donnée et exécutées avec un/des partenaire(s).
- La compétition pousse parfois le karatéka à accentuer l’aspect spectaculaire, quelquefois inutilement.

KIHON DE TECHNIQUES ÉVOLUÉES :
Le kihon est au karatéka ce que le shadow boxing est au boxeur : la base du travail de drill des techniques effectuées seul, dans le vide. La complexité du kihon peut varier du travail d’une technique unique à celui d’enchaînements longs ou/et complexes rendant alors leur maîtrise très difficile à atteindre.
-=> Apprendre des techniques évoluées est intéressant et formateur. Cependant ça n’est que de peu d’utilité en self-défense.

ESPRIT DE L’ENTRAÎNEMENT DE KARATÉ-DO :

L’entraînement se déroule toujours dans un climat de bienveillance et de respect et dans un environnement sécurisé. Même au niveau ultime, les exercices sont pratiqués avec un contrôle total. À aucun moment, il y a volonté de blesser ou de toucher sérieusement. En conséquence, même face à un « tori » (attaquant) mettant toute sa rapidité, toute sa force, toute sa sincérité et sa détermination, « uke » (défenseur) sait qu’il ne risque rien et qu’il ne sera pas blessé. Il sait qu’à aucun moment il ne risque sa vie !

Le niveau de stress à l’entraînement n’est donc en rien comparable à celui d’une situation réelle où l’intégrité physique est menacée.

- Chaque « méthode » ou « orientation » du karaté a de nombreux bénéfices. Le seul but de ces quelques lignes est de mettre en évidence la différence entre la self-défense et le karaté.

 

Conclusion :

· Le Karaté « commun » est merveilleux, complet et bénéfique à tous niveaux : physique, mental, social et moral. Il peut présenter certaines limites par rapport à la self-défense. Ces manques peuvent facilement être compensés grâce à un entraînement spécifique et une philosophie adaptée, sans renoncer à la pratique du Karaté.

· Pour rester réaliste, je me dois d’ajouter qu’il faut plusieurs années de pratique régulière et sérieuse pour arriver à une efficacité relative.

· Face à une agression, il est admis par les spécialistes que la « survie » dépend :

o   à 30% de la technique

o   à 30% du mental

o   à 40% de la chance.

· Sun Tzu, dans l’art de la guerre :

o   Si tu connais l’ennemi et que tu te connais toi-même, tu n’as rien à craindre de cent batailles.

o   Si tu te connais toi-même mais ne connais pas l’ennemi, pour chaque victoire tu connaîtras une défaite.

o   Si tu ne connais ni l’ennemi ni toi-même, tu succomberas dans chaque bataille.

Ce que je retiens de son enseignement, en regard de la self-défense :

§  Il faut se connaître soi-même, y compris dans les différentes conditions de la rue.

§  La réussite tient de la « chance » pour un minimum de 40%.

§  Lorsqu’on ne connaît pas ses aptitudes en combat et/ou qu’on n’est pas familiarisé avec le terrain, la survie

tient à beaucoup plus que 40% de chance.

 

Les 3 prochains articles traiteront des adaptations nécessaires pour améliorer sa technique et son mental en contexte de self-défense !

 

Références : Chroniques Martiales, de Henry Plée ; L’Art sublime et ultime des points Vitaux, de Henry Plée.