Karaté self-défense : préparation technique au dojo

Karaté self-défense : préparation technique au dojo


Réduire le fossé entre self-défense et karaté-Do est possible avec une bonne orientation sans perversion du karaté-Do, au contraire !

Introduction :

Chaque technique travaillée au dojo du KCFribourg doit être auto-avalisée en se demandant :

-Si je dois l’utiliser pour sauver ma peau, est-ce que je lui confierais ma vie ?

 

Je conseille à chacun d’y réfléchir sérieusement, par exemple durant son prochain entraînement pour en prendre une fois conscience. Ensuite, à chacun de décider ce qu’il en fait.

 

Il existe bien sûr plusieurs raisons pour ne pas confier sa vie à une technique :

-Certaines sont trop compliquées ou pas adaptées à sa morphologie. D’autres nécessitent trop de conditions pour être efficaces. Il est préférable de les mettre de côté.

 

Améliorations générales :

-Chaque technique qui n’est pas assez maîtrisée doit être drillée encore et encore. Il faut pratiquer plus de 6000 fois une technique pour l’intégrer et avoir une chance de la rendre utile et efficace. Le nombre de techniques à connaître n’est pas important. Seul le niveau de maîtrise l’est. Par « maîtrise », j’entends : rapidité d’exécution, solidité des appuis à l’impact avec kimé explosif, fort, bref, et précis.

-Le travail seul dans le vide est important pour la vitesse et la solidité des appuis (kata, kihon).

-Celui au sac de frappe ou makiwara est nécessaire pour améliorer le kimé, la solidité des appuis, la force de frappe et est également très utile pour s’habituer à résister aux chocs des impacts. Les coups portés doivent être énergiques (percutants), et non poussés.

-La précision et la surface de frappe sont capitales. Si un coup est trop diffus ou s’il arrive sur une cible solide, il n’y a pas d’efficience. Plus la surface de frappe est petite, plus le coup est pénétrant.

-Le kumité est excellent pour la gestion du timing, la rapidité, les esquives et les déplacements.

 

Spécifiquement au dojo :

-Lors des entraînements avec partenaire(s), tori attaque toujours sincèrement, avec vitesse, kimé, distance et précision. Uke esquive ou bloque (ou les 2) en partant toujours le plus tard possible, en sortant du champ d’attaque, en déviant l’attaque solidement, ou en esquivant en s’appuyant sur l’attaque.

-L’esprit reste attentif, avec un regard périphérique et tous ses sens en éveil.

-Entraîner le mode « économie d’énergie » ou « zéro effort », en Kumité bien sûr, mais aussi en kata, ippon kumité et kihon. Esquiver et bloquer en mode Yin. Attaquer ou contrer en restant détendus, sauf un court instant lors de l’impact, en ne contractant alors que les muscles nécessaires.
L’énergie cinétique est définie par la formule suivante: E = 1/2*masse*vitesse2. La détente permet la vitesse. La masse correspond à la partie qui entre en contact avec la cible (à laquelle vient s’ajouter le kimé au moment de l’impact). Une fois la frappe terminée, retourner à une détente totale pour minimiser l’effort.

-Garder l’idée du coup unique en donnant tout en une occasion. Toutefois, comme une seule technique ne suffit que très rarement, s’habituer à enchaîner plusieurs contre-attaques jusqu’à la disparition totale du danger.

-Travailler aussi la précision dans toutes les techniques car l’énergie pénétrante d’un coup est évidemment plus utile si appliquée au bon endroit.

 

 

Conclusion :

·        Avec un travail sincère, tori et uke rendent chacun service à l’autre dans le but de mieux s’auto-évaluer et s’améliorer.

·        À chaque exercice, se demander si on confierait sa vie à ses esquives, ses blocages, ses attaques.

·        Combien de temps tiendrait-on à ce rythme ?

·        Garder en permanence tous ses sens en alerte.

·        Connaître et utiliser ses atouts, ses forces est indispensable, tout autant que de réduire ses faiblesses. Pour atténuer ses « failles » :

o   Le pro-Kata pratique le kumité pour améliorer ses déplacements, sa vitesse, sa réactivité et maîtrise du timing.

o   Le pro-kumité pratique le kata et kihon pour améliorer sa technique et solidifier ses appuis.

o   Tous travaillent sac et makiwara pour renforcer leur propre corps et développer des attaques percutantes.

·        En self-défense, 30% de chances de « survie » proviennent de la technique.


 

Références : Chroniques Martiales, de Henry Plée ; L’Art sublime et ultime des points Vitaux, de Henry Plée.