Découvrez le Panantukan !

Panantukan : l'art martial philippin méconnu aux origines anciennes
Moins célèbre que ses homologues d'Extrême-Orient, le Panantukan, aussi connu sous les noms de Suntukan ou Pangamot, est un art martial philippin remontant possiblement au 14ᵉ voire même au 12ᵉ siècle.
Pour une raison bien curieuse, non seulement les arts martiaux philippins n’ont jamais connu la popularité de leurs cousins chinois ou japonais, mais en plus leurs techniques ont souvent été accaparées par ces derniers. Ceux parmi vous venant de ce que l’on a appelé la « génération Bruce Lee » se souviendront sans aucun doute des hallucinantes séquences de nunchaku ou encore de la redoutable efficacité de ce dernier aux double-bâtons. Peu sauront sans doute que le Petit Dragon avait appris ces techniques de celui qui était à la fois son ami, son élève mais également son professeur, Guru Dan Inosanto.
Cette discrétion des disciplines philippines leur a toutefois permis de conserver leur authenticité en demeurant uniquement dédiés à l’auto-défense, dénués de toute orientation sportive. Bien qu’indissociablement lié au travail des armes blanches (Kali et Escrima) sur lequel il trouve ses fondements, le Panantukan ne se résume certainement pas à cela. Bien au contraire, cet art martial démontre une grande richesse technique, combinant frappes, amenées au sol et clefs, en un système parfaitement cohérent et très efficace. Sa richesse technique, le Panantukan la doit à des influences multiples des arts martiaux indonésiens, mais également birmans et thaïs, puis, plus tardivement à certains arts martiaux japonais (dont le judo) et enfin à la boxe anglaise. Construit autour du motto « drill for skill » (« répéter pour développer ses capacités »), le Panantukan vise à développer les réflexes liés avant tout au toucher en travaillant sur des automatismes permettant de reprendre l’avantage en réponse à une agression ou une attaque, le tout en mode quasi-automatique.
Par cet aspect, le Panantukan présente des similitudes avec le travail de « mains collantes » (ki-sao) des styles chinois du sud, comme le wing-chun, ou de certains styles de karate de « courte distance », comme le goju-ryu ou le uechi-ryu (kakie). Difficile de ne pas y voir une grosse parenté avec le judo dans lequel le kumi-kata (saisie) revêt un aspect nettement plus important que le seul sens de la vue. Son essence de combat rapproché le rend par définition aussi semblable au krav-maga.
Au niveau des frappes, le Panantukan offre une panoplie de techniques très proche de celles des boxes thaïlandaises ou birmanes, auxquelles viennent s’ajouter des techniques locales, à l’image du « bollo punch » dont l’origine remonterait aux coupeurs de canne à sucre. Cette variété a mené certains pays anglo-saxon à surnommer le Panantukan « dirty boxing » (litt. « la boxe sale »), par opposition (et peut-être avec une certaine pointe de jalousie ?...) aux règles de combat du « noble art de la boxe » telles que définies par le Marquis de Queenbury.
Autre technique typique des arts martiaux philippins en général, le travail des couvertures, des déplacements, du placement et des axes d’attaques en constitue véritablement la colonne vertébrale. Immanquablement influencé par les travail des armes blanches, le Panantukan est bâti sur ce que certains appellent de nos jours les « attaques angulaires » ayant pour principe de sortir de l’axe de l’adversaire pour « passer par les côtés » et minimiser ainsi l’exposition à une attaque directe.
Pour faire bref, le Panantukan est, vous l’aurez compris, riche. Très riche ! Vouloir le décrire en une page A4 ou en une seule leçon serait parfaitement illusoire. Le KC Fribourg vous offre donc l’occasion de lever un peu le voile sur ce style fascinant au cours d’un stage d’une journée dirigé par Monsieur Jean-Michel Pinard, entraîneur au Fighting-Club Lausanne. En plus de son expérience professionnelle, Monsieur Pinard est aussi le représentant en Suisse de certains des plus grands experts européens des discipline philippines. C’est une véritable chance pour le KC Fribourg de pouvoir bénéficier de son enseignement, et c’est avec grand plaisir que le KC Fribourg l’accueillera le 08 février 2025 pour un premier stage qui permettra sans doute à chacun d’enrichir sa culture martiale et d’échanger avec d’autres styles.
Ce stage qui se veut « multi-participants » sera aussi l’occasion pour le KC Fribourg de remercier les autres clubs, et surtout le Judo Club Marly, le Judo Club Villars-sur-Glâne - Fribourg et le Chikarada Dojo Fribourg d’avoir permis le démarrage de notre club en mettant à disposition leurs salles d’entraînement en une très belle démonstration de solidarité martiale.