Le Salut, rituel au début de l’entraînement de Karaté

Le Salut est la préparation du corps et de l’esprit pour un entraînement de karaté à Fribourg.
Il me tient à cœur de démystifier et clarifier ce rituel pour que chaque pratiquant le vive pleinement.
Le karaté est un art martial japonais, et le Japon a une culture que nous Occidentaux, avons du mal à comprendre. Comme c’est aussi mon cas, veuillez me pardonner pour les petites inexactitudes que je pourrais glisser, mais mon but est d’améliorer la compréhension.
Les croyances et connaissances de chacun étant différentes, la taille et situation des dojos étant différentes, chaque dojo peut appliquer les rituels d’une autre manière que ceux que pratique le KC Fribourg.
L’instructeur de karaté donnant le cours se tient en musubi-dachi, karaté-gi propre, en place avec la ceinture bien nouée et annonce le salut :
« Linea»
Dès ce moment-là, l’entraînement commence (silence, écoute, discipline, travail).
Les élèves soignent également leur tenue et s’installent en ligne du plus haut gradé à droite au plus débutant à gauche.
Certains dojos sont très stricts sur la position, d’autres non.
Un débutant doit respect aux plus anciens, et un ancien doit rester humble et prendre conscience qu’il apprend et progresse aussi grâce et avec un débutant. On dit aussi qu’il faut toujours avoir l’esprit du débutant, d’où l’ordre ou pas.
L’instructeur de karaté qui était face aux élèves se retourne face au Shomen.
L’élève situé le plus à droite guide la suite du rituel.
« Seiza »
L’instructeur de karaté s’agenouille en posant le genou gauche en premier, ensuite vient le tour des élèves.
Le respect envers les instructeurs fait que l’élève de droite commence à s’agenouiller après lui, tout comme l’élève de gauche attend que celui à sa droite commence aussi à s’agenouiller.
Genoux l’un contre l’autre ou légèrement écartés si on est une femme ou un homme (les gros orteils l’un sur l’autre semble aider à être à l’aise dans cette position). Mains à plat sur les jambes. Posture droite et fière, creux du bas du dos, épaules redressées, nuque en arrière, l’occiput étiré vers le haut.
« Mokuso »
Appel à la méditation.
Certains gardent les mains à plat sur les jambes, d’autres tournent simplement les paumes en l’air pouce sur index, d’autres encore posent une main sur l’autre, paumes en haut, bout des pouces l’un contre l’autre à l’horizontal. S’ils tombent on s’endort, s’ils montent on est trop tendu. La langue dans le creux du palais, les dents ne se touchent pas. Yeux ouvert ou fermés, l’importance est que le corps soit à l’aise. Le corps étant prêt pour que l’esprit se mette aussi en condition. Tous les tracas de la journée, les soucis de la vie doivent rester en dehors du dojo. L’entraînement nécessite toute son attention, la méditation sert à vider la tête et être pleinement à son affaire. Bien que le contrôle total en tout temps soit de mise, avoir un esprit égaré peut être dangereux pour soi-même et pour les partenaires, de plus, si la tête est pleine, rien ne peut entrer.
Habituellement, plus on essaie de faire le vide, moins on y arrive. Mon conseil est de respirer par vague. L’inspiration commence par le tantien se situant à 2 cm en dessous et à l’intérieur du nombril, et remonte le dos jusqu’à l’occiput. L’expiration redescend jusqu’au tantien. Vague après vague, les pensées se détachent et l’esprit fini par être prêt.
“Mokuso yame “
La méditation s’arrête et tout le monde se remet en place (à genoux et paumes sur jambes).
« Shomen Ni Rei »
Il s’agit là de remercier les ancêtres fondateurs, les senseis de nos Senseis.
Littéralement, Shomen est ce qui est devant nous quand on entre dans le Dojo. Généralement, les dojos ont une photo du père fondateur, voir d’autres Honorable Sensei. L’instructeur se penche en avant, met la main gauche devant soi au sol, puis la droite, index contre index et pouce contre pouce pour former un triangle, il se penche plus bas encore, front à quelques centimètres au-dessus des mains. Dans certains dojos, on reste silencieux, d’autres prononcent « Oss », ce terme viendrait de «Onegai Shimasu » signifiant quelque chose comme « s’il te plaît, enseigne-moi », et qui s’est raccourcit au fur et à mesure pour se réduire à « Oss » ou « Osu ».
Remettre la main droite sur sa cuisse, puis la gauche en se redressant.
Le premier élève suit l’instructeur ainsi que l’élève de gauche suit l’élève de droite.
Le respect est aussi de se relever après l’instructeur et l’élève à sa droite.
L’instructeur se retourne pour faire face aux élèves.
« Otagai Ni Rei »
L’instructeur salut les élèves et les élèves saluent l’instructeur.
Le nom dépend du niveau, du grade ou de la philosophie du dojo.
« Otagai Ni Rei » signifie salut entre élèves.
« Sempai Ni Rei » signifie salut à l’avancé.
« Sensei Ni Rei » salut au Maître ou Professeur.
“Kiritsu “
L’instructeur se lève en musubi-dachi, suivi des élèves.
« Rei »
Salut final en Inclinant le haut du corps.
L’inclinaison doit être plus basse avec un grade inférieur, par respect.
Le Rei de la fin comme tous les autres est bien plus qu’un salut du corps.
Une bonne respiration est nécessaire pour équilibrer l’énergie de son corps. Inspirer durant l’inclinaison, expirer corps penché et inspirer à nouveau en remontant.
De plus le corps ne fait que suivre l’esprit « kokoro »; l’émotion, l’énergie et le cœur sincèrement ému, emplis de gratitude ; remerciant le Sensei, le Sempai, l’Otagai pour ce qu’il va recevoir, pour la confiance, la guidance, le temps offert.
Le sensei est important car il est comme un père ou une mère, qui donne une partie de sa vie, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année. Il est toujours à l’écoute et donne ce qui est nécessaire pour faire grandir et éclore les élèves, les guidant au bon moment, tout en leur laissant la liberté de progresser par eux-mêmes, et le temps de découvrir seuls ce qui est sain de découvrir soi-même.
Le Sensei transmet ses connaissances de l’art, les principes, les racines et guide les élèves sur la Voie (Do), sans transmettre ses propres défauts ni ses propres particularités, mais en leur laissant suivre leur propre Voie.
Pour toutes ces raisons, le Sensei mérite d’être pleinement remercié à chaque salut, avec toute l’énergie de son cœur, avec « Kokoro ».
Le salut étant fini, le corps et l’esprit sont prêt.
Comme je l’ai écrit au début, selon les connaissances et croyances, selon la place et la disposition du dojo, des arrangements ou modifications se font. Chaque élève se doit de s’adapter aux règles du dojo. L’important est de respecter les rituels et coutumes.
Il est vivement conseillé à ceux qui ne comprennent pas les règles de s’y intéresser en posant des questions afin de respecter celles du dojo. Elles sont faites pour être suivies par tous, instructeurs, anciens, élèves.