Karaté self défense et conséquence : face à sa conscience

Karaté self défense et conséquence : face à sa conscience

« Main Vide » ou « Main de la Paix »

- « kara » « te » qui signifie la « main vide » ou la « main de la paix ». Le niveau ultime de l’art martial est de vaincre sans combattre.
- L’essence du Karaté Do est avant tout l’art d’éviter les conflits dans la mesure du possible, d’empêcher qu’ils dégénèrent, de les résoudre, sans pour autant subir les conséquences.
- Ne se confronter qu’en ultime recours est la meilleure façon d’éviter une mauvaise conscience.

Conséquences de mes actes :

-Suis-je prêt à assumer les conséquences de mes actes quelles qu’elles soient ?

-Ayant appris un art martial et pouvant m’imaginer l’impact possible, je me dois d’y réfléchir.

 

Celui qui pratique un art martial doit garder à l’esprit que les techniques apprises peuvent être dangereuses pour autrui, qu’elles soient parfaitement maîtrisées ou pas du tout.

 

Subir une agression est brutal et traumatisant. Le moment de réflexion est inexistant et, de ce fait, l’état d’esprit de l’agressé n’est ni clairvoyant, ni calme. Dans la pratique, ceci se traduit par un manque total de discernement et de contrôle que l’on peut résumer comme suit:

-Si l’intégrité physique n’est pas menacée mais que l’agression est de forte intensité, il peut y avoir une réaction disproportionnée.

-Si l’intégrité physique est menacée mais que la défense est trop faible (par désir de ne pas blesser autrui), l’agressé peut en faire les frais.

-Si l’intégrité physique est menacée et que la défense est suffisamment forte, l’agresseur peut subir de graves dommages.

Dans ces situations, qui peut dire s’il réagirait de manière adéquate ? Qui peut dire qu’il garderait son sang-froid ? Vaut-il mieux se défendre de manière disproportionnée ou risquer sa vie en se défendant mal ?

Dès qu’il y a confrontation, le préjudice est presque inévitable des 2 côtés.

Lorsque l’heure des comptes arrive, la conscience décrypte la situation vécue : Légitime défense ou non ? Préjudice évitable ou non ? Notre conscience nous trouve rapidement des torts…


L’utilisation d’un art martial, devrait toujours se faire dans l’unique but de défendre soi-même ou autrui et en dernier recours. L’idée de défense reste primordiale tout comme le concept de proportionnalité, ceci pour être irréprochable aussi bien envers soi-même, face à sa conscience, qu’envers la loi.

Cette théorie idéaliste reste difficile à appliquer. Elle exige une maîtrise de soi et une lucidité de chaque instant - permettant une évaluation juste la situation dans son évolution - pour réussir à se défendre comme on l’aimerait, le tout dans des conditions émotionnelles anormales et particulièrement intenses. En dépit de cette utopie, une préparation reste envisageable afin de tenter de réduire les préjudices potentiels et éviter d’avoir une mauvaise conscience pour le reste de sa vie.

C’est pourquoi, les prochains articles traiteront de l’attitude, de la préparation technique au dojo et hors dojo, ainsi que la préparation mentale.

 

Sensei G. Funakoshi a renommé l’art martial le « karaté » qui signifie la « main vide » ou la « main de la paix », car selon lui, le niveau ultime de l’art martial est de vaincre sans combattre.

L’essence du Karaté Do est avant tout l’art d’éviter les conflits, d’empêcher qu’ils dégénèrent, de les résoudre ; sans pour autant en subir les conséquences.

 

Références : Chroniques Martiales, de Henry Plée ; L’Art sublime et ultime des points Vitaux, de Henry Plée.