Dissociation gauche – droite

Déclaration de Me Taiji Kase : « Seul l’esprit peut amener le corps à un autre niveau, pas les muscles ! »
La pratique du karaté est exceptionnelle pour améliorer la coordination, la concordance ainsi que la dextérité des mouvements, la dissociation haut-bas et gauche-droite. Pour y arriver, la karateka du KC Fribourg transforme son corps et son esprit.
• Plusieurs années d’entraînement sont nécessaires afin de maîtriser les bases, jusqu’au contrôle de la coordination et concordance de tous les membres du corps lors d’attaques ou de blocages.
• Assez tôt, on apprend que le rythme entre le haut et le bas du corps n’est pas le même, et un travail aussi bien physique que mental commence.
• Une fois la concordance des mouvements et le rythme acquis, la dissociation latérale est une prochaine étape de progression. Malheureusement, ceci n’est pas assez enseigné, que ce soit en karaté sportif ou en karaté Do, ce qui est dommage, car cela apporte des bénéfices non seulement dans la pratique de l’art martial, mais aussi dans toutes les actions du quotidien.
• Par dissociation latérale, j’entends la libre utilisation des membres gauche et droit, indépendamment et sans rétention ni restriction.
Pour mieux illustrer ceci, voici un exemple du quotidien :
-Le rangement du lave-vaisselle.
• Avec un panier rempli d’ustensiles éparpillés et le tiroir de rangement devant soi, les deux mains s’attellent à la tâche en même temps.
• Dès qu’une main est prête à poser un ustensile dans le bon compartiment, elle attend la seconde, encore en train de chercher un ustensile.
• En s’efforçant de ranger avec la première main, voilà que la seconde reste immobile jusqu’à ce que la première ait terminé. Ceci se produit autant lors de la pose que de la préhension.
-Remarques :
• Rares sont ceux qui ont une liberté totale et dissociée entre l’utilisation de la main gauche et de la main droite !
• Que celui qui n’en est pas convaincu ou qui ne connaît pas son niveau de dissociation tente l’expérience.
• À ce stade, je dirais que nous sommes presque tous des « handicapés de la latéralisation mentale », car il s’agit bien d’un blocage entre les deux hémisphères du cerveau.
• La bonne nouvelle est qu’à tout âge, il est possible d’améliorer cette capacité avec un travail personnel ciblé.
• Tout déblocage mental est encore plus important avant l’âge d’or de 12 ans.
• La deuxième bonne nouvelle est que les acquis sont ancrés en soi à vie.
Commentaires :
Me Hénri Plée propose plusieurs exercices permettant d’améliorer ses capacités de dissociation latérale. Je ne saurais jamais assez le remercier pour la transmission précieuse de son expérience et son savoir.
• Mon seul conseil est de pratiquer ses exercices de latéralisation avec un relâchement mental. Pour les courageux qui essaient et sont déçus de leur niveau de départ, je dirais juste qu’à mon avis, personne ne peut y arriver sans entraînement.
Conclusion
• Ces exercices procurent des bénéfices bien au-delà de la latéralisation.
• Dans la pratique du karaté, on commence par être capable de bloquer une attaque, puis de bloquer et contrer en même temps. Avec l’expérience, on peut bloquer deux attaques simultanées ou arrivant avec un léger décalage temporel en utilisant deux mains différentes. Mieux encore, le deuxième blocage s’effectue durant la contre-attaque faite avec le premier bras, indépendamment et intuitivement, avec zanchin et détachement.
• Ce dernier potentiel s’atteint en grande partie grâce au travail de latéralisation et de dissociation gauche-droite.
• Maintenant que chacun a pris conscience de son niveau et imaginé les impacts positifs, un choix personnel est à faire :
« Connaître l’existence d’une chose est bien, rendre possible est mieux. »
Références :
Chroniques Martiales, de Henry Plée ; L’Art sublime et ultime des points Vitaux, de Henry Plée