Mon chemin est mon but

Mon chemin est mon but

Parfois une porte s’ouvre de manière inattendue, mais pour en laisser d’autres fermées devant soi. Tenter de forcer une porte ne sert à rien : plus on essaie, moins on y arrive.

Au fil des entraînements au KC Fribourg, le karatéka progresse, stagne, régresse. Jour après jour, sa maîtrise technique et sa compréhension de l’art oscillent dans tous les sens.

Parfois et de manière inattendue, une découverte est mise en lumière, ce qui garantit un acquis à vie. Une porte s’est ouverte. Le karatéka s’interroge : « Pourquoi est-ce que je comprends cela seulement maintenant ? C’était pourtant sous mes yeux depuis le début, malgré des informations, des démonstrations et la pratique. Pourquoi ne l’ai-je pas compris plus tôt ? », mais la question reste sans réponse. Derrière cette porte ouverte, d’autres apparaissent encore fermées.

Les portes ne se forcent pas, et y penser continuellement n’y change rien.

« Le Maître apparaît lorsque l’élève est prêt ».

Les progrès arrivent de plusieurs manières :

1er pilier :

o   le corps se forme jour après jour.

o   La force musculaire, la mobilité, la souplesse, la condition physique et la coordination des membres sont importantes et augmentent ses propres possibilités.

o   Le 1er pilier permet de mieux appliquer le 2ème pilier.


2ème pilier :

o   Le travail de la technique et de la coordination des différents blocs et attaques, des membres supérieurs et inférieurs se répète sans relâche.

o   Les mouvements, les positions, les distances, le tempo et le rythme sont indispensablement drillés, encore et encore.


3ème pilier :

o   Le mental, l’esprit, l’essence, la conscience se polissent pas à pas.

o   La compréhension des interactions entre les mouvements, les positions, les distances, le niveau de force nécessaire - souple/mou ou fort/dur - se synchronise avec la respiration et l’harmonisation de l’ensemble du corps avec le mental.

o   Alors qu’il suffit de driller et transpirer pour les 2 premiers piliers, le 3ème pilier nécessite réflexion, recul, lenteur, intériorisation, écoute personnelle.

 

Les règles de passage de grade mentionnent qu’un kyu peut être présenté tous les six mois. Se préparer à un grade kyu prend du temps et nécessite un important travail personnel au dojo comme en dehors. Souvent, la préparation se concentre sur les deux premiers piliers, ce qui laisse peu de place à la réflexion, l’harmonisation du corps, l’intériorisation. Il en résulte que le karatéka connaît beaucoup de techniques mais à un niveau superficiel.

Une chaise à deux pieds tombe, tout comme si le 3ème pied est beaucoup trop court.

Lorsqu’un des pieds est un peu trop court, elle tient malgré tout, mais on est mal assis.

Une chaise est stable, agréable à regarder et confortable uniquement si son plateau est plat et que ses pieds sont équilibrés.

 

Le grade en lui-même ne signifie pas grand-chose, par rapport à la compréhension de l’art.
Dans la société moderne actuelle, paraître est malheureusement plus important qu’être, car aujourd’hui seul le résultat final compte. En revanche, pour son développement personnel, seul le chemin compte.

Alors qu’on définit des buts ou des objectifs pour des actes quantifiables ou palpables, l’art martial ne suit pas ce chemin, l’art martial comme tous les arts, s’apprécie et se vit à chaque instant, sans relâche, jour après jour. Avec de la chance et parce qu’on l’a provoquée, on peut éventuellement passer du niveau Shu (imitation extérieur) au Ha (intégration technique) et du Ha au Li (redécouverte de l’intérieur)!

 

 

Références : Dessins de Marol ; Chroniques Martiales, de Henry Plée ; Shotokan Kata, de Roland Habersetzer.