Vivre le moment présent

Ce qu’on fait là, maintenant est la seule chose qui compte à l’instant.
Dans le bouddhisme Zen ou les méthodes occidentales comme la méditation pleine conscience, on parle de la pensée du moment présent.
Quel en est l’utilité pour le karaté ?
Certaines personnes comme les femmes se disent multitâches. C’est bien d’être capable de faire plusieurs tâches simultanément, mais qu’en est-il de la pensée ?
En marchant dans la rue, si je suis focalisé sur mon téléphone portable, je pourrais facilement foncer dans quelqu’un, traverser la route sans regarder, … dans ce cas, l’état d’esprit est concentré sur quelque chose qui n’a rien à voir avec l’activité, et je deviens « con-centré » !
Lorsqu’on conduit et qu’on pense à autre chose, la problématique est identique, mais avec des conséquences encore plus dramatiques.
A mon avis, il faut différencier la capacité de faire plusieurs actions physiques en même temps et ce à quoi on pense.
Capacité physique ou manuelle :
· Toute personne sachant faire plusieurs choses manuelles en même temps a un certain avantage.
· Celui qui a un métier manuel ne dira pas le contraire car en utilisant plusieurs parties de son corps simultanément ou en concordance, on augmente sa dextérité et sa rapidité, et on réduit et répartit mieux l’énergie investie.
· Un karatéka sachant attaquer ou bloquer avec 2 ou 3 parties de son corps simultanément a un avantage certain.
La pensée intérieure :
Un de mes premier Sempai parlait de « points de force » ! Pour lui, il s’agissait de penser à toutes les parties importantes du corps qui améliorent une technique, une position. Par exemple avec un tsuki en zenkutsu dachi: 2 points à la hanche pour bien la fermer, bassin, hara, genou arrière, cuisse, talon, plante de pied, orteils, genou avant, hikite, épaule, coude, pouce, petit doigt, index, seiken, colonne vertébrale, nuque, tête...
En général, on commence par quelques points importants qui ne sont pas maîtrisés. Au fil des entraînements, on en ajoute de nouveaux points de force et ceux qui sont maîtrisés, ressentis, intégrés, n’ont plus besoin d’attention.
C’est une manière d’apprendre à penser petit à petit à l’entier de son corps, jusqu’à ce qu’on ressente la justesse pour sa santé, sa stabilité, son équilibre de forces et pour l’atemi.
Le mental en lien avec l’action :
· L’énergie déployée vient de la force que l’on met dans son mental, dans sa pensée !
· Elle peut être yin ou yang !
· La résultante sera proportionnelle à son intensité !
· L’intensité mentale n’est pas différente de celle des actions physiques, elle suit le principe du Tao dans son harmonie, son équilibre et ses transitions !
A l’entraînement :
· Commencer par se mettre en esprit neutre, juste en éveil, ni offensif ni défensif.
· Lors des attaques, toujours se projeter dans la direction de l’attaque et redevenir neutre.
· Lors de défense, absorber le « choc » et redevenir neutre.
· Plus l’offensive reçue est forte, plus l’intensité d’absorption doit être grande.
· En défense, il peut être intéressant de déplacer le coup qui vient, dans ce cas, même si la force du coup est faible, il faut déployer une force de blocage intense, ou réduire le choc avec un bon angle et dévier au bon moment, en changeant les angles et directions de l’attaque et en poussant. Rien n’est donc linéaire.
Avec de la conviction, l’esprit transmet au corps l’énergie déployée.
La pensée moment présent :
Je suis convaincu que pour augmenter son potentiel d’esprit « alerte, attentif et ouvert à tout », il faut privilégier la pensée du moment !
C’est à dire que peu importe où l’on se trouve et ce que l’on fait, seul le moment présent est important. Penser à ce que l’on est en train de faire est essentiel pour l’action elle-même. La qualité et l’intensité du résultat ont plus chances d’être excellentes si on y met toute son énergie, toute son attention.
Comme on dit : Le passé reste inchangeable, le futur n’est pas encore arrivé et tout autre chose que ce qu’on fait là n’a aucun effet sur notre action présente.
Être alerte, ouvert et attentif à notre entourage et environnement avec tous nos sens est crucial pour ne subir ni l’entourage, ni l’environnement.
Pendant l’entraînement, être présent, avec tous ses sens en alerte.
· Œil périphérique pour observer le moindre geste de ce qui se passe à côté et derrière soi.
· Écouter les bruits et les respirations.
· Garder ses sens ouverts et en alerte, même si l’intensité de l’entraînement ou la fatigue augmente.