Montagne to sea

Si le Chemin menant à la montagne ne va pas, passe par la mer.
Si le chemin menant à la montagne ne va pas, passe par la mer !
Ce vieil adage peut paraître simple, mais il n’est pas si évident.
-Un collègue me disait que les Suisses ont bien traversés les crises économiques car ils ont su s’adapter, se réinventer, et ceci rapidement.
-Dans un autre registre, la survie, un petit lièvre sans défense survit dans la toundra, face à un prédateur, uniquement parce qu’il est imprévisible ; il change en permanence de vitesse, de direction au bon moment, il s’adapte continuellement !
-Plus personnellement, parfois, on « s’entête », rumine dans ses pensées, on n’arrive pas à lâcher prise, à prendre de la distance face à un problème du passé dont on ne peut plus rien changer, ceci pour différente raison et cela nous « pourri » notre existence. J’imagine que ceci parle à tout un chacun, qui n’a jamais éprouvé ça ?
· Réalisons une fois pour toute, que :
· Tout ce qui est passé ne peut plus être changé !
· Y penser ni change rien !
· La seule façon d’améliorer le présent et le futur est de :
o Passer par-dessus !
o S’en souvenir pour ne pas répéter 2 fois les mêmes erreurs !
o Faire des actions présentes et futures pour solutionner, réparer, …,
o Faire dès lors au mieux pour le présent et le futur.
Je suis convaincu qu’appliquer une bonne philosophie dans la vie améliore son karaté et vice versa (comme je l’ai écrit plus haut, simple en théorie mais compliqué en réalité !)
Dans notre pratique de karaté, on est pareil. Différents états mentaux nous empêchent de nous libérer, nous bloque à des instants importants et on rate une réaction instantanée nécessaire.
Lorsqu’on est sous pression, notre tension mentale change, le stress amène le cerveau reptilien à prendre le contrôle. On se focalise, on perd ainsi l’ouverture et/ou l’utilisation de nos sens.
Quel est notre comportement dans ce genre de situation :
· Combien de temps mettons nous pour retrouver notre état normal ?
· Avons-nous perdu l’état de situation sur notre environnement (visuel ? Auditif ? ...)
· Lorsqu’une attaque ou type d’attaque ne rentre pas, changeons-nous de stratégie ? Après combien de temps ?
· Avec 2 tori, avons-nous gardé la vision des 2 en permanence ? oublions-nous le 2eme, le 1er ? combien de temps ?
Ces mêmes questions sont aussi à se poser dans l’état de « non-stress ».
Prenons conscience que plus vite on réagit, plus vite on a une chance de…
Apprendre à rebondir est essentiel (à ne pas s’arrêter, ne pas se bloquer) et ceci est plus facilement possible si on apprend à garder nos sens ouverts et attentifs !
Lorsqu’on regarde un peu mieux les autres styles que le « Shotokan », les styles plus anciens d’Okinawa, lorsqu’on voit les exemples d’applications Bubishi, ou encore les orientations très différentes d’un dojo à l’autre, on voit que le karaté au sens large est très ouvert.
Originellement, en karaté, on peut :
-Tordre les os,
-Bloquer les articulations,
-Séparer les tendons des os,
-Attraper, manipuler, frapper les nerfs, les artères et les autres parties vulnérables,
-Choquer, étrangler percer les organes,
-Immobiliser,
-Mettre au sol,
-Projeter,
-Esquiver.
Dans les katas Shotokan, on trouve une multitude d’applications de bunkai qu’en gardant un esprit large. Donc en sortant des « sentiers battus ». En regardant derrière les techniques « caricaturées », l’essentiel se trouve entre le début et la fin de chaque séquence, pas seulement en fin de mouvements.
Ce préambule pour en venir au sens réel et profond de l’adage « Montagne to Sea » :
-Le prendre au sens large.
-Rien n’est pas « karaté ».
-Quand quelque chose fonctionne, c’est « karaté ».
-« Tout » peut être fait pourvu que le résultat soit là (dans le respect du corps « body mecanic »).
-« Ne nous bloquons pas » !
-Sentir lorsque ses techniques vont dans l’impasse et intuitivement changer en se faisant confiance, sans réflexion.
-Pratiquons le karaté Shotokan « traditionnel », mais en gardant la liberté et en appliquant : « Montagne to Sea ».
-Si le chemin menant à la montagne ne va pas, passe par la mer !